Biographie
Matheo de Bruvisso (aka Thomas Desbouvrie) est un artiste pluridisciplinaire français qui travaille essentiellement en tant que peintre, poète et musicien, mais parfois aussi comme photographe ou vidéaste.
Depuis l'enfance, il explore les différentes techniques qu’offrent les Arts Plastiques, en passant du dessin académique à l’expressionnisme, de la figuration à l’abstraction. Puis Matheo de Bruvisso poursuit des études en Arts Appliqués au sein d’écoles prestigieuses comme Olivier de Serres, (ENSAAMA : École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art) et Strate Collège Designers. Il exerce le métier de Designer en Freelance à partir de 2004 pour Swarovski, Kenzo, Fnac, Eurocopter, PPR, Peugeot et autres, mais il s’éloigne rapidement des contraintes imposées par la production industrielle et commerciale pour se concentrer uniquement sur une création purement artistique.
En parallèle, Matheo co-fonde le groupe de musique Dirtyphonics qui atteint rapidement une renommée mondiale. Pendant quelques années, le groupe compose une musique très énergique (drum and bass, dubstep, electro...) qui cumule des centaines de millions de streams. Il collabore avec des artistes comme Skrillex ou Marilyn Manson et joue pour des foules immenses dans les plus grands festivals du monde comme Coachella, EDC, Glastonbury, Tomorrowworld, etc. Sous le nom de Spag Ruckus, il continue aujourd'hui à composer dans différents styles allant de la musique de film à la techno ou dans des niches plus avant-gardistes comme le glitch hop, le deep dubstep ou l'IDM.
Après avoir reçu plusieurs prix en poésie et publié dans différents ouvrages, 2019 voit la publication de son premier recueil "IN VIVARIUM" qui rassemble plus d'une centaine de poèmes. Un second est en cours d'écriture.
Sous son pseudonyme de graffiti, « Maze », Matheo de Bruvisso réalise sa première exposition personnelle de peinture à Amiens en 2005, à la Briqueterie, après un mois de résidence en compagnie du photographe Mickael Troivaux. Puis en 2007, la galerie parisienne l’Issue l’invite, lors de l’exposition internationale UNTITLED - "documents of street culture", à peindre avec KOA (FR), Alëxone (FR), Rutger Termohlen (NL), Collin Van Der Sluijs (NL), Jordae (USA), Bitches in Control (NL). Il y réalise quelques mois plus tard une performance de peinture live lors de laquelle il invite le duo Tha Trickaz. En 2008, la galerie l’Issue l’accueille pour une exposition personnelle qui sera l’occasion de montrer une centaine de petits formats agencés selon une forme de labyrinthe. Depuis, ses œuvres ont été exposées à la Galerie Terremer ou à l’Orangerie du parc de la tête d'or à Lyon, à la Cité du Temps à Genève ou encore à la Galerie Saatchi de Londres.
A travers ces différents médias, Matheo de Bruvisso continue aujourd’hui d’approfondir sa technique et ses sujets tout en explorant sans cesse de nouveaux univers. Libéré du besoin de reconnaissance institutionnel, il s'aventure toujours plus loin dans sa propre démarche. Ses œuvres font partie de collections privées en Europe et en Amérique du Nord.
Démarche Artistique
En cherchant le plus court chemin entre sa volonté de peindre et l’œuvre réalisée, Matheo de Bruvisso tente de capturer l’origine même du désir, la force qui incite tout passage à l’acte aussi bien créateur que destructeur. L’œuvre rassemble ainsi en une seule entité son origine et sa finalité, elle représente sa propre raison d’exister, elle est « une conséquence qui représente sa cause ».
On voit généralement surgir de sa peinture protéiforme aussi bien la puissance du désastre que l’inépuisable énergie de la renaissance, ce que Matheo aime à reconnaître comme une dualité opposant les forces du chaos à celles du cosmos. Cette manière de voir le monde est omniprésente dans son œuvre qu'il s'agisse de textes poétiques, d'aphorismes, de musique, de photographie, ou de peinture.
Si les forces du chaos sont celles de la destruction, de la dissolution ou de l’éclatement, elles n’en sont pas pour autant moins nécessaires à la vie que celles du cosmos, qui ordonnent, organisent, et assemblent. C’est uniquement dans une confrontation permanente entre ces deux pôles, que l’expérience de la vie devient possible. Déterminé à montrer cette interprétation du vivant dans son travail, Matheo dévoile ce que le monde a d’invisible et pourtant si présent, qu’on pourrait résumer par « un désir d’être ». Comme si l’existence entière, aussi bien dans l’intimité de l’humain que dans la totalité universelle, était animée d’une même pulsion de vie.
Par différents médias, Matheo de Bruvisso nous invite à plonger en notre for intérieur pour y découvrir notre propre potentiel : la possibilité d’une vie intense, mue par notre désir, dès lors que nous acceptons de reconnaître et de laisser œuvrer plus librement les forces chaotiques et cosmiques qui nous habitent. Tel est son rapport à la liberté : ne pas la poursuivre mais la laisser nous guider. "Nous sommes libres, mais pas maîtres de notre liberté."
La maturité grandissante le pousse à s'affranchir de plus en plus des attentes du milieu de l'Art et du public en général pour se concentrer sur l'essentiel : faire de l'art un mode d'existence plutôt qu'une finalité. L'acte créatif répété quotidiennement se confond avec l’œuvre elle-même et se désacralise, c'est pourquoi il se définit lui-même comme "artiste du dimanche, à temps-plein".
Motivation
Je suis perpétuellement à la recherche de nouvelles esthétiques pour montrer qu’il est possible d’inventer infiniment d’autres manières de voir le monde. J’espère libérer le spectateur de ses a priori pour qu’il se sente lui aussi capable de remettre en question ce qu’il a toujours considéré comme la normalité. C'est l'effet que Basquiat a eu sur moi la première fois que je l'ai rencontré.
Si l’on constate quotidiennement que les dystopies ont le pouvoir de façonner le monde, je crois qu’il serait bon de remettre de l’utopie et du désir dans nos quotidiens. J’explore donc ce qui m’anime le plus profondément, mes pulsions psychiques, ce qui me procure de la joie, parfois une simple composition ou un agencement de couleurs et le retranscrit sous différentes forme d’œuvres (peintures, dessins, musique, photographies, collages, etc.) J’explore toutes les formes qui se manifestent à moi qu’elles paraissent grandioses ou insignifiantes, insensées ou rationnelles, complètement abstraites ou très concrètes et cela sans aucune limite morale ou esthétique. Je sors d’une « logique de logiques ».
Comme Aphex Twin en musique, je créé d’abord pour moi, mais j’essaye de rendre accessible la vie sensible qui me traverse. Tout ce qui me questionne, me bouleverse, m’anime est transformé au quotidien, l’art devient pour moi d’abord un mode d’existence, une finalité plutôt qu’un moyen. Plus aucune volonté de reconnaissance ne m’impose de direction et c’est pourquoi dans ce chaos onirique, ma psyché est le seul point commun entre mes œuvres.
L’art est un espace amoral où tout est possible.
L’art est ce qui permet l’évolution individuelle et sociale.
L’art ne s’achète pas et c’est pourquoi il est si onéreux.
L’art est ce qui dépasse la théorie artistique.
L'art dépasse la volonté consciente de l'artiste.
L’art est l’exploration des lois, il incarne la liberté au cœur des limites qu'il observe.
Là où il suffit, pour comprendre, de savoir ce qu'il faut comprendre, n'est pas de l'art.
L'art est diminué par l'explication qu'on en donne.